Une muzungu traverse le pays

Publié le par Sweet Steph

 

      Petit retour sur mon avant-dernier weekend au Rwanda (le16 et 17 mai), passé à Kibuye, petit village portuaire sur les rives du lac Kivu, de l'autre côté du pays.

 


      Après une nuit passée à Kigali, la capitale, j'embarque dans un taxi-bus bien rempli ce beau samedi matin, pour 3 heures de route vers Kibuye. Malgré ma position terriblement incomfortable (en quasi-lévitation entre la banquette et le siège dépliant... pour ceux qui connaissent les taxi-bus africains), j'arrive à me concentrer sur le paysage (et non sur mon pauvre derrière) et à admirer les collines qui défilent au rythme de l'unique route de plus en plus sinueuse.

     
 Les premières vues du lac Kivu me laissent bouche bée.

Alors que je m'attendais à un paysage assez plat voilà que colline sur colline se chevauchent pour doucement s'effacer au contact de la surface scintillante du lac. J'ai des impressions de mer, ce qui s'accentuera le lendemain au cours d'une promenade, marchant jusqu'à la pointe d'une de ces collines où le lac s'étend à perte de vue. A cette occasion on me pointa du doigt un amas d'îles aux formes arrondies pour me dire que l'une d'elles est appelée le chapeau de Napoléon. :)

      Ce même jour, dimanche 17 main, je fis connaissance avec un groupe de suédois, étudiants en médecine. Nous partîmes ensemble pour déjeuner à un hôtel-restaurant à la pointe de « l'île de Kibuye », et quelques uns goutèrent le fameux tilapia, le poisson du lac.

 

      Sur le chemin du retour je traîne un peu des pieds pour profiter du soleil et prendre des photos, et voilà que je me retrouve toute seule en terrain inconnu. Cela ne me dérange point, au contraire je saisi l'occasion pour explorer en solo. Un petit sentier rocailleux attire mon oeil, et illico ma curiosité prend le dessus sur toute pensée pour ma sécurité. Et oui, la pente est extrêmement forte et mes mains sont partiellement occupées par le trépied que j'emmène partout avec moi. Après 10 bonnes minutes de dérapages et de montées d'adrénaline j'arrive en bas, et voilà que j'entends des voix et que j'aperçois des silhouettes entre les feuillages.


      Un groupe de pêcheurs s'affaire autour d'immenses filets étalés sur le sol ou sur les bateaux, une vision belle, colorée et chaotique à la fois.

 Je m'approche doucement et quand les arbres ne peuvent plus me cacher je marche nonchalamment vers eux et les salue tout en les observant pour voir leur réaction. Ils ont l'air surpris (ils n'ont sans doute pas l'habitude de recevoir des visites extérieures, le chemin périlleux y est sans doute pour quelque chose), mais je ne vois pas d'hostilité dans leurs regards, et très rapidement la plupart se replongent dans leur minutieuse entreprise. 

      Quelques uns viennent me voir, on échange quelques mots (ils sont tout content que j'aie un prénom rwandais), et je leur fait comprendre que je veux simplement regarder. Mon trépied tout en aluminium reluisant attire leur attention, et alors que je le déplie pour faire une démonstration devant leurs airs curieux j'en profite pour prendre quelques clichés. Je les laisse manipuler, et lorsque je demande si l'un d'eux pourrait me prendre en photo tout le monde rigole et cela brise la glace. Je prends l'initiative de monter dans une de leur pirogues et cela ne semble absolument pas les gêner, au contraire ils semblent trouver cela marrant.


       

      C'est alors que j'aperçois un jeune garçon, sans doute le fils ou le frère d'un des pêcheurs, qui alimente le feu sous un petit chaudron qui fume et bouillonne. C'est leur repas, des haricots, peut-être le seul de leur longue journée.

 





      Le soleil descend lentement du haut de ses nuages, et je leur dis au revoir avec une pointe de tristesse en pensant à toutes les choses qu'on aurait pu se dire si la langue ne faisait pas barrière, et aussi parce que je ne les reverrais probablement jamais. Néanmoins, j'ai passé un moment insolite et je baigne dans le bonheur. Le jeune cuisinier me raccompagne jusqu'en haut (moins essoufflé que moi) et en lui disant au revoir je revois dans son visage celui des mes enfants à SACCA, et je sais que ce qui me plaît par dessus tout c'est de partir à la rencontre des gens et créer des moments riches et humains.

 

 






Prochain article... nous verrons ^^
N'hésitez pas à me poser des questions spécifiques ou plus ciblés sur un sujet, je suis toute à vous!

Courte vidéo d'un jeune garçon au marché de Kibuye:
http://www.wat.tv/swfob/8991157S3uIiV2674928 


-
-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

 English translation


      Little flash-back on my second-to-last weekend in Rwanda (the 16th and 17th of May), spent in Kibuye, small port village on the shores of Lake Kivu, on the other side of the country.

 

       After spending a night in Kigali, the capital, I board a taxi-bus already quite full (Saturday morning, weekend rush) for three hours of road towards Kibuye. In spite of my terribly uncomfortable position (hovering in between the bunk and the folding seat... for those who have experienced African taxi-buses), I nevertheless manage to concentrate on the view (and not on my poor backside) and admire the hills blurring past to the rhythm of the single road getting windier and windier.

 

      The first snaps of Lake Kivu leave me gobsmacked.

While I'd been expecting a relatively flat landscape, here hill upon hill overlap each other to gently dissolve at the contact of the glittering surface of the lake. I have sea impressions, and the next day, during a stroll to the extreme point of one of the hills, these impressions were confirmed. The water stretches as far as the eye can see, and on this occasion someone pointed out to me a clump of shapely islands to say that one of them is called Napoleon's hat. J

 

      That same day, Sunday 17th of May, I met a group of Swedish medical students. We went together for lunch at a hotel-restaurant at the end of the "Kibuye island" (it felt like we were on an island), and a few tasted the famous tilapia, the fish from the lake.

 

      On the way back I lag behind slightly, to soak up the sun and take photos, and suddenly I find myself alone on unknown territory. This doesn't bother me in the least; on the contrary I seize the opportunity to explore solo. A tiny stony track catches my eye, and pronto my curiosity overcomes any thought for my safety. Well yes, the slope is extremely steep and my hands are partly taken up by the tripod I take everywhere with me. After 10 good minutes of sliding, skidding, and rushes of adrenaline, I arrive at the bottom, and that's when I hear voices and glimpse silhouettes in between the leaves.

 

      A group of fishermen is bustling around huge nets splayed out on the ground or on the boats, a vision both colourful and chaotic.

 

      I slowly draw near, and when the trees can no longer hide me, I walk nonchalantly towards them and greet them whilst observing their reaction. They look surprised (they probably aren't used to seeing visitors, probably because of the perilous rocky track), but show no hostility, and very quickly most of them dive back into their meticulous enterprise.

      A few of them come over, we exchange a few words (the fact that I have a Rwandan name makes them very happy), and I explain that I've only come to see. My shiny aluminium tripod catches their attention, and while I'm unfolding it to demonstrate in front of their curious and expectant airs I sneakily take a few photos. I leave them to fiddle around, and when I ask one of them to take a photo of me everyone starts laughing and that breaks the ice. I take the initiative to climb into one of their boats and it doesn't seem to bother them in the slightest, on the contrary they appear amused.

      It's then that I spot a young boy, maybe the son or the brother of one of the fishermen, who's feeding a crackling fire under a small caldron, smoking and boiling merrily. It's their meal, beans, maybe the only one of their long day.

 

      The sun sinks slowly behind the clouds, and I bid them goodbye with a pang of sadness as I think of all the things we could have told each other without the language barrier, and also because I'll probably never see them again. Nevertheless, this was a special and random moment, and I'm basking in happiness. The young cook accompanied me to the top of the hill (he didn't arrive panting as I did) and on saying goodbye I can recapture in his face the faces of my SACCA children. And I know that what I enjoy over all is to go out to meet people and create rich and human moments.

 

In the next article... we shall see ^^

 

Feel free to ask me any specific questions on any particular subject, I'm all yours!

 

The link is to a video of a young boy in the market of Kibuye (you'll see!):

http://www.wat.tv/swfob/8991157S3uIiV2674928  

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
J
Toujours un régal de te lire alors que tu dors maintenant à quelques mêtres. Quel plaisir, avec des pauses, de t'aider à trier tes plus de 3000 photos et échanger sur l'extraordinaire expérience humaine que tu as vécu intensément en 3 mois.<br /> Papa.
Répondre
S
<br /> ouaip, ben vous avez encore un bon paquets de photos à voir... c'est pas prêt d'être fini!<br /> <br /> <br />