La rencontre/The meeting

Publié le par Sweet Steph

J’ai lu quelque part « l’espoir est le pilier du monde ».

La rencontre Taizé-Kigali encourageait à chercher des chemins d’espérance, et même si il y a une subtile différence entre ‘espoir’ et ‘espérance’ je trouve les deux essentiels. Chaque pays est reparti de la rencontre avec un panier rwandais, agaseke, rempli de graines de sorgho pour symboliser la graine qui une fois semée apporte l'espérance. J’écris maintenant, un mois après la rencontre, avec un peu de recul et les émotions radoucies par le temps.SAM 2063


Du mercredi 14 novembre au dimanche 18 novembre, 8700 jeunes (une approximation) ont participé à la rencontre, venant d’une trentaine de pays différents. On avait estimé 8000 mais, comme avec beaucoup de choses, il a fallu s’adapter à la situation : les jeunes ont continué à arriver, même un jour avant la fin, donc on a joyeusement continué à les accueillir et à leur trouver un logement. C’est une chose que nous avons tous appris au sein de l’équipe, que le temps est relatif et la patience un état d’esprit.


               Parmi les moments forts de la rencontre (lorsque je n’étais pas coincée au point info !) se trouvaient les carrefours culturels. Ils se déroulaient dans les grandes tentes où l’on faisait aussi les prières alors que les carrefours autour de thèmes de discussions etc se déroulaient dans des petites tentes dispatchées. Du coup l’effet de masse sautait aux yeux !DSCF7308 Chaque pays se présentait avec du chant, de la danse et de la musique, et très vite l’ambiance devenait festive et chaleureuse.DSCF7300.JPG Avec quelle fierté et avec quelle joie les délégations montraient leur culture, et c’est dans ces moments là que j’ai vraiment ressenti la communion de toutes ces personnes qui s’acceptaient. SAM_2084.JPGDans ces temps troublés par les guerres dans plusieurs pays africains nous avions peur que certains ne puissent pas venir (notamment de la RDCongo), et c’est avec soulagement qu’aucun groupe (à ma connaissance) n’a eu de problème pour faire le voyage. [photo de groupe avec les massaï, propriété de Mona-Lisa du Kenya]


              Autre moment fort : les prières. Certains d’entre vous connaissent peut-être les prières de Taizé ? Celles-ci étaient…adaptées au context J. La plupart des chants étaient des chants de Taizé traduits en Kinyarwanda ou en Kiswahili, mais il y avait aussi des chants traditionnels rwandais. Les jeunes étaient quelque peu déboussolés pendant les premières prières car le chant méditatif répété 10 ou 15 fois n’est pas très typique, donc lorsqu’on a entonné des chants connus au rythme des percussions il y a eu un déclic. L’un de ces chants, « Komeza inzira », a eu un effet immédiat imprévu : quelques rwandais se sont levés et ont commencé à danser la danse traditionnelle ‘de la vache’. Je l’appelle comme cela car les mouvements des bras tendus vers le côté symbolisent les cornes de la vache (voir photo),DSCF0752.JPG la vache ayant une symbolique très importante dans la culture rwandaise. De voir ces personnes louant en dansant, parfois seules debout parmi des centaines d’autres, en a fait sourire plus d’un. Car la prière de Taizé se fait habituellement assise par terre jusqu’à ce que les frères se lèvent pour indiquer la fin de la prière ! Mais bon, on a fait avec et au final j’ai trouvé cela très beau.


             Moment le moins fort : mon appareil photo, mon téléphone et mes clés ( ?!) ont été volés le dernier soir. Soit, c’est surtout de ma faute car je les avais mal rangés, mais c’était tout de même un coup dur. Aujourd’hui je sais que c’est le besoin qui pousse les gens à faire ça, et au-delà des choses matérielles j’ai la chance d’être en bonne santé etc ! Peu de photos ont été perdues heureusement, et le hasard à fait que j’avais un appareil numérique à disposition pendant les deux dernières semaines à SACCA (Kayonza). On apprend de ses expériences, non ?


             SAM_2123.JPGMoment drôle  (mais assez dégoutant) : les jeunes devaient prendre des bus le dimanche après-midi pour rentrer dans leur pays respectifs, et l'équipe de nettoyage embauchée pour la rencontre ayant fini son contrat ce fut à nous de nettoyer les toilettes restées ouvertes...des toilettes sans chasse d'eau et sans papier! La première étape fut de lancer des seau d'eau par dizaines sur les murs, sur les toilettes... sur tout en fait. Après une heure de travail (il n'y avait que 3 toilettes à nettoyer + les urinoirs) nous en somme ressorties (l'équipe était surtout composée de filles) humbles et fières. Je pense que nous avons laissé les toilettes plus propres qu'au départ.

 


Lorsque la rencontre s’est terminée nous étions (l’équipe) tous secrètement soulagés. Les émotions et les réflexions qui en découlent ne sont pas faciles à exprimer, et il me faudra un autre article pour en parler je pense (on verra).

 

 


Mais juste pour expliquer la suite des mes aventures : après la rencontre je suis partie à Kayonza, dans l’Est du pays, pour passer deux semaines avec SACCA, l’association qui s’occupe d’enfants de la rue avec laquelle j’avais travaillé en 2009 (voir articles de l’époque).  Suite dans le prochain article…

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I read somewhere “hope is the pillar of the world”.


The Taizé-Kigali meeting encouraged to look for paths, or ways, of hope. Each country left with a Rwandan basket, agaseke, full of sorghum grains to symbolise the seed that once sown brings hope. I write now, over a month after the meeting, with more perspective and my emotions softened by time.


From Wednesday 14th to Sunday 18th of November, 8700 young people (an approximation) took part in the meeting, coming from around 30 different countries. We’d estimated 8000 but, as with many things, we had to adapt to the situation: the young people continued to arrive even one day before the meeting ended, so we joyfully went on welcoming and finding them accommodation. It is something everyone in the team learnt, that time is relative and patience is a state of mind.


Among the highlights of this meeting (when I wasn’t stuck at the information desk) were the cultural workshops. They took place in the massive tents where we also held the prayers whilst the other workshops around different discussion themes etc took place in small scattered tents. So the massive crowd effect was right in your face! Each country was presented through songs, dance and music, and very quickly the atmosphere warmed and became festive. The delegations showed their culture with such pride and joy, and it’s in those moments that I really felt the people in communion as they accepted each other. In these war-troubled times for many African countries we were afraid that some would not be able to make it (especially from the DRCongo), and it was with relief that none of the groups (to my knowledge) had any problems with the journey. [photo with the massaï, courtesy of Mona-Lisa from Kenya]


Other highlight: the prayers. Maybe some of you know what Taizé prayers are like? These were…adapted to the context J. Most of the songs were Taizé songs translated into Kinyarwanda or into Kiswahili, but there were also some traditional Rwandan ones. People were slightly disorientated during the first prayers as the meditative chants repeated 10 or 15 times is not very typical, so when we started known songs to the beat of the drums things clicked into place. One of these songs, “Komeza inzira”, had an unexpected and immediate effect: a few Rwandans stood up and started dancing the traditional “cow” dance. I call it that because the movements of the outstretched arms symbolises the cow’s horns (see photo), the cow representing an important symbolic in Rwandan culture. Seeing these people worshipping in dance, sometimes standing alone among hundreds, made quite a few smile. Because a Taizé prayer is usually done sitting down until the brothers stand up to indicate the end of the prayer! But well, we coped and in the end I found that rather beautiful.

 

Moment I least enjoyed: when my camera, my phone and my keys (?!) were stolen during the last evening. OK, it was mostly my fault for not safely putting them away, but it was a hard blow all the same. Reflecting on it today, I know that it is need that pushes people to do things like this, and material belongings aren’t so important when I consider myself lucky to be in good health etc.! Luckily, few photos were lost, and I was fortunate enough to be able to borrow a digital camera during my last two weeks at SACCA (Kayonza). Don’t we learn from experience?


Fun (but rather disgusting) moment: the participants had to take coaches back to their countries on Sunday afternoon and the cleaning team hired for the meeting had finished its contract so we had to clean the toilets… toilets without flushes or paper! The first stage involved chucking dozens of buckets of water at the walls, the toilets…at everything, actually. After an hour’s work (for three toilets +urinals) we came out humbled and proud. I think we left those toilets cleaner than before the meeting.

 


When the meeting was over we were all (the team) secretly relieved. The emotions and thoughts that result from it are not easy to express, I’ll need another article to develop those I think (we’ll see).


But just to explain my following adventures: after the meeting I left for Kayonza, in the East of the country, to spend two weeks with SACCA, the organisation that works with street children with which I volunteered in 2009 (see previous articles). To be continued…

Publié dans Taizé-Kigali

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J
Notre fille étant, à peine 3 jours près son retour, repartie pour l'Angleterre pour unea semaine de retrouvailles et autre "enterrement de vie de fille", nous ne connaissions même pas certaines<br /> anecdotes de sa fin de séjour !! Surprise: des cadeaux rwandais au pied du sapin de Noël !! Il nous restent à apprendre les chants de Taizé en Kinyarwanda.
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